Poésie – Charles Singher

Un poème de Charles Singher, publié sur le Crachoir de Flaubert en juin 2011. Nous l’avons choisi, pour faire écho au poème Les Doctorants de Carl Bessette dans son dernier recueil Comme faux.

 

Que s’enfermer puisse s’imposer bienfait d’ascèse

et qu’alors un mur devienne fenêtre

Un                  moment

infiniment bref

Tout juste assez long

néanmoins

pour faire taire

pour enfoncer un syllabus

dans la gorge du rhéteur de plan de cours

du saltimbanque de centre de recherché

 

L’obèse livresque commence à gigoter sur sa chaise

dans l’intervalle de la fenêtre

C’est là avec beaucoup d’appui qu’il se repose enfin

 

Le grand retour de la Pléiade d’or massif

comme les gros doigts s’inspirent des modèles

Fracture à nouveau de l’immobile

à coups de mains molles sur le papier clavier

tapage boulimique d’une vie à dire

grâce au contrôle métaphysique de la trinité sémiologique

 

Là où tous les autres se brûlent

dans l’acidité du mal du siècle

Là où tous les autres s’évanouissent

devant les hurlements des festins nus

Lui seul et ses doigts portemanteau

réaniment enfin la littérature à refaire

 

Et la noirceur de l’encre

(toute la bibliothèque entend son premier vagissement)

est assassinée soudain infanticide

par le bonheur incontrôlable d’identifier une coquille

dans l’article d’un journal prestigieux

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