Poésie – Olyvier Leroux-Picard

Les principes actifs du printemps

Dans le giron Miron

VI

j’ai vu le jour se lever brûlé
une rime à l’encre sur peau
je me demande encore où les marques s’accumulent
quand les jours sont déjà brûlés
de lois schizophrènes à sillage fumigène
toute une chavirée en terrain vague
à force de rapports pavés de boucane
je me demande jusqu’où les déflagrations peuvent nous dépareiller
rester capables encore de nous ramancher l’amalgame magané

VII

je laisse parler mes émeutes
je me dresse au coeur à leur adresse
c’est là que les loups se révèlent
(ceux qui carnassent et ceux qui mangent les digestions de l’alpha-ignomie)
j’ai l’adrénaline qui répond à l’idéal
le corps qui s’écarlate de rage à se retrouver orphelin
(avec des milliers de nouveaux frères soeurs nouvelles)
nous avons la gorge agonie qui saigne dans leurs mains
pendues dans leurs bras
de fer pour vous dire:
qui que vous soyez, manifestons que nous ne sommes pas des loups

VIII

je t’ai cherché dans tous les reflets du lustre
comment te trouver aujourd’hui qu’il ne cesse d’éclater sans lumière

sa transparence entaille mes pieds de bonne foi ma peau
se manifeste comme un cuir en probation j’ai des pas
de tambour qui tonnent notre glas je te cherche
dans l’aboli d’avance l’hémorragie
me fait circuler dans tes ruines à franges concoctables
je me tourne en phare tourne rond par angle droit d’épine dorsale:

comment ponctueront-ils de bombes
mon sentiment d’arriver à ce qui commence

IX

mes feux de position
se répercutent à pans de corps je m’accroche
c’est l’heure d’une épiphanie de varlopes à gages
je prend le pari d’ouvrir à mes attentats d’user mes portails
à la corde de ce qui me retient
encore le verbe raqué
à l’annonce creuse du quotidien je vois venir
toutes les artilleries de claques cavalières

l’affaissement de la suffisance me voit grandir
me donne un sens où chacun chacune
de bras ouverts
forment les points de mon cardinal

le nord se trouve dans l’horizon qui brûle

X

va falloir que je me brise
c’est-à-dire que je me laisse
possédé par mes crues que j’abonde
dans le travers de mes gonds :
j’irai nourrir un monde
à l’entre-gens défeuillé

j’ai tout un habitat dans la gorge en friche
qui appelle au sacre de l’élargi

j’ai le parti-pris à part comme une faune en cage héréditaire
pour avoir méfait mon étendue

XI

à bout portant de la dérive
je me pose

accoté sur les troupes de phalanges tricotées
je vois toutes sortes de braquages historiquement galeux

mais à l’insu de l’assemblée
j’entends la herse de la grogne
confondre les brins d’âge

voilà que les charges se répartissent dans une grande manutention de valeurs
un brouhaha de casseroles
en haleine généralisée
redonne ses titres à la rue

nous ne sommes plus orphelins

XII

feu premier
du désordre incubateur d’avenues

j’ai une charpente en chevaux-vapeurs, l’itinéraire
fléché d’ensemble

grondement je me forme
par la friction de leurs tics sans lendemain
sur la profondeur de ma rétine

il fallait y croire
pour le faire apparaître

XIII

je me trouve
à la rencontre du monde
l’incessance d’une belle et lourde
proue de front frappée
de toutes les vagues qu’elle envisage

gueule de bois de la nausée
minimale à la brise innocente

l’érosion
n’est pas assez liminaire

XIV

les vagues ne s’isolent pas
elles participent d’une même brassée
de dispositions mais ici
une masse s’élève d’elle-même aujourd’hui
s’alterne l’osmose jusqu’à faire de la température je mesure
mon bout de fièvre
pour garder l’accord intègre

XV

les haut-parleurs nous présentent le rendez-vous
comme un point d’impact nucléaire ils réduisent
la foisonnance des vagues
au franchement de leur méthode :
ne voient-ils pas se dévoiler
à mesure de bassesses
l’architecture en fuite des haut-placés

on me dit que je ne suis qu’une fonction de digestion
on me classe dans le dommage on m’attribut
les pixels du trouble
ainsi continue la sensationnelle dissection
sans aller plus loin jamais

tout cela parce que mon actualité
ne s’inscrit pas dans leur géométrie de connivences

XVI

l’exercice du désordre
c’est de faire ses droits, de brasser
une suppléance décorée

voilà qu’on nous dépose
une extinction de voix qu’on nous chiffre
l’ensemble en termes de facture

les pôles m’antagonisent j’ai l’oeil
en sortie de sort

crise, je te salue

XVII

les remous dispersent
l’établi d’avance ils étalent
tout ce qui traîne au fond des choses :

surdose anticipée
la rétention de masse se cambre en mépris
du jamais vu,
quand d’autres s’entretiennent d’inédits
la question du devenir

des ressacs nous sculptent
avec des fibres nouvelles

XVIII

enfants-fleuves nous sommes
dans une veille dont on ne voit pas l’embouchure

je reste
debout dans nos retombées je prends l’eau
avec tous nos canots d’amorces je cause
le courant à force
de fêlures je deviens
mon passage :

commettons ensemble
un grand hiatus

XIX

la diluvienne d’augures
annonce sa rupture elle se dresse
en figure d’urbanisme

nous parlons en puissance
d’une virée d’allure au carré la séance s’élève
comme un cap qui veut sa mer
nous avons un quelque part
pas de lieu exact
dans notre apparat libre les voix
invitent à la mise au monde

XX

s’il faut mettre de l’ordre
des lignes d’un corps à l’autre
j’évacue les cordons sécuritaires l’établi carcéral
je me fais une carrure d’entraves
tous leurs angles meurent chaque
recoin de l’altesse ambition minés
de variations sur un même thème à retardement

l’ordre des lignes
d’une valeur à l’autre

XXI

beau de voir
que les bras sont plus longs
que le corps l’étreinte
a une portée d’accès, on s’envisage
dans des sens à se donner

XXII

naïfs
vous nous pensez.
souhaitables, je le brandis

qui êtes-vous pour occuper seuls
les parois du rêve

la bataille a d’abord lieu
dans des contours à définir

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