Poésie – Sébastien Turbide



s’affranchir du
cortège macabre
aux trousses de l’art et ses mythes


si tu me vois crier mon nom sur les toits fais explo-
ser
la cheminée


je n’ai rien à prouver
le spectacle est terminé
avec le temps les
poèmes respirent
les amours trépassent


tu ne m’inspires pas ché-
rie t’es bonne pour la
casse
ce mortel ennui qui vous fait pénétrer la glaise des demoiselles
rien de bon à la télé
(c’est tant mieux )


jamais trop tard pour bâtir un
trône
à partir d’un sarcophage


sculpter des rimes parce qu’avec
elles
j’n’ai jamais fait bon mé –                    nage
éteindre mon cigare
éloigner mon visage pâle d’au-dessus d’la lampe
j’essaie l’écriture automa-
tique, l’odeur d’une veuve charmante
emboucaner la chambre parce qu’ici il ne fait pas assez

              sombre
la solitude découpe mes strophes,
ignore mon ombre
j’suis pas un écrivain public
tous mes textes je les garde pour moi
j’suis un scribe anonyme, pas le porteur du flam-
beau


toute la nuit piocher sur les trois mêmes mots
toute la nuit piocher les trois mêmes mots


piocher sur les trois mêmes mots


champs de
mines


toute la nuit piocher sur les trois mêmes mots


ne regarde pas en arrière petit homme tu
n’as pas terminé ton pou-
let
et tes patates pilées
et ta couronne de légumes verts
tu n’as pas ramassé ta chambre
sale petit garnement


toute la nuit piocher sur les trois mêmes mots


pas de sous-marin pour ton
bain
sans soldat
pas de crayons feutres ni de figurines de latex
même pas assez d’é-
nergie pour un film porno


toute la nuit piocher sur les trois mêmes mots


les trois mêmes mots


toute la nuit pio-
cher


tu n’es pas le fils d’une rock star
scribe anonyme
pas le nouveau porteur du drapeau
besoin d’amour


besoin d’amour


prisonniers
passés à la fouille obligatoire


donne-moi ton
coeur
chérie
ne me laisse pas seul


toute
la
nuit
piocher
sur
les
trois
mêmes
mots


chérie, CHÉRIE, chérie
enlève ton doigt de dans ma bouche


mon serpent rampe,
traverse ton anneau de mariage,
fait des pirouettes pour t’entendre crier
je ne te supplierai plus, juré craché


les trois mêmes mots


toute la nuit piocher sur les trois mêmes mots


sans soldat


tous mes
textes




je les garde pour moi.






Un autre texte de Sébastien Turbide ICI





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