Poésie – Boris Nonveiller

Jaan Poldaas, Sans titre, 2012 http://www.birchlibralato.com/artists/?artist=52
Jaan Poldaas, Sans titre, 2012
http://www.birchlibralato.com/artists/?artist=52





Partisan



L’importun au galurin mou apparut dans la cour d’un charmant ami à moi, l’apostrophant pour lui discourir à propos d’un outil divin qui, si on l’usait sans façon, d’un ton opportun, pouvait ouvrir un portail qui aboutit au paradis. Mon ami (qu’on surnommait Poulisch, nom qui tirait sa filiation du fait qu’il avait acquis sa formation d’hippo-toubib à Francfort) trouva la situation hors du commun. Son instinct l’implora d’assaillir d’un coup brutal l’intrus dont l’air supposait la disposition d’un fou, mais, aujourd’hui, il avait un goût pour l’anormal. Il l’invita donc à un scotch. Boisson à la main, Poulisch conduisit son compagnon au salon. Assis, l’individu moralisant illustra son point par un constant discours original ainsi qu’inouï. Raccourci, son propos pourrait s’amoindrir à un mot frugal : « bouton ».


La vision du bouton, clamait-il, fut un don divin à l’humain primitif pour sortir d’un pathos contraignant l’individu au sort d’un animal abruti par l’instinct. L’apparition du bouton fut la raison s’imposant au machinal, à l’agitation, à l’insouciant, à l’inconstant. D’abord, avant tout, on dit du Tout-Puissant qu’il s’imposa par l’incarnation d’un mot. Puis, il transforma sa configuration, dans sa mutation il fut parfait : il fut un bouton! Un bouton qui avait un pouvoir : il absout à jamais la doxa polarisant l’humain par la domination du coin. L’harassant coin combattu par l’halo, l’injonction du divin, sain bouton bataillant l’armada du coin : Satan sortit du Styx pour bâtir la domination du bataillon du mal. Un choc, coup brutal du rond fit la commotion pouvant assouvir la soif du malin puis l’abolir à jamais. Ainsi, il suffit aujourd’hui d’avoir un bouton sur son raglan à la position qu’il faut.


L’inconnu jasant à Poulisch fut jadis un vrai wisigoth qui criait, insultait, bousculait tout quidam qui passait sur son parcours, quand un jour, à la station d’autobus, un ami l’ouvrit à la foi par un discours sur l’absolution par bouton.








Un autre texte de Boris ICI

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