Poésie – Marcel Tournebize

Tracy Deer, Sans titre, Huile sur toile, 2013
Tracy Deer, Sans titre, Huile sur toile, 2013




Cette nuit silence avec application.

Souffle de grenade. Rouge rabâche et la rue.

Tir parfait shaolin et la voiture qui démarre en trombe.

La solitude procès-verbal change de trottoir, arrache les ongles noirs du souvenir.

Comme un chien meurt. Comme un chien. Un brave chien.


Assise sur le zinc d’un arrêt de bus, une femme réclame de l’aide. Dans les gondoles du lidl, des amoureux déchirent les cartons de baisers à bas prix. A bas bruit, la course poursuit, enflamme des corps, éclaire des traverses.

Nous avons continué lavis d’encre sans tâche précise. Imbu le brouillard doré où la jetée menait filait une ligne pensive rêveuse. Un guide des égarés, une œuvre à la lumière, sans prescription ni commune mesure, attentat à la rude école du malheur.

Quelques traces enchâssées dans les regards neufs des vieux pèlerins. Que soient bénis ces vieux vêtements qui nous ont menés ici où l’on pose sa faute et ses regrets. En ce jardin aucune prière n’agace les dents. Toutes énoncent le piège qui fait vivre, les charmes et les philtres qui coulent à flot. Tout tremble à l’intérieur. Comme une faim de tout.


Les rossignols et merles noirs à l’abri des regards appellent le jour.

Une angoisse qui leur passe. L’heure bleue .

Ma langue ne peut pas lécher ton visage, goûter tes larmes.

Je cherche le fusil de Rimbaud derrière la vitre.

Tout est possible. Les amants, loin, savent cela. Mais ils pleurent dans cette aurore bleue d’oiseaux soudain étranges ces pétales d’oracles.

La beauté. On veut la chair et l’odeur, les parfums. On s’avale du vide.

Désir. Un souffle. Une corde qui s’enroule à .. t’as peur ? Oui, j’ai peur de tes yeux . Terreur sacrée. Combien de cigarettes pour chasser cette peur ? Poumons couverts d’amiante. Bouche de bois.

Je parle au chien qui rêve. Un bout de glaçon au fond d’un verre. Trois lignes au creux d’une bouteille vide. La même sueur que des jongleurs sur le point de chavirer.
Sur le pont du clavier, l’origine du monde me semblait toute proche.

Tout ça doit avoir un prix .

Une espèce de pierre dans la vitrine. Une vieille cérémonie, au pied du château, sous la muraille.

Un filage sidérant , flashy la nuit en demi-teintes , du flou sur la toile de Jouy et un regard fragile, indestructible.

Et un secret . Il dit, « Viens sourire sur ma bouche », dans cette nuit d’or infinie.

Dormir sans le savoir. Arrêter de regarder rien. Avaler un soleil de plomb pour oublier. Bien viser à travers l’oreiller du boucan, mélange au tarmac et à la ficelle, l’éternel psaume du démon agile.


Boire encore à ta bouche l’étreinte et la fumée. Cette ville est un rude désert quand tu ne poses pas un verre de vin sur cette table . Un point incandescent brûle, quand le feu passe au vert. Car il faut traverser. Se montrer. Sans dessein, la fragilité est mise à jour.

Nue. Comme la nuit .

Prendre des mots ou bien des gants pour espérer sous les prières un joyau.

Défroisser le loin. Voler parmi les cendres des oiseaux battus en plein vol.

Percer la mouche de minuit.


Dis, c’est quoi, cette vie ?








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