Poésie – Sara Pruneau Bélanger

Freya Douglas-Morris, Parting For The Day, 44 x 36 cm, 2013
Freya Douglas-Morris, Parting For The Day, 44 x 36 cm, 2013


Tu tombes comme l’automne



J’tracerais tous tes grains de beauté, pis j’t’inviterais à manger sur la grande ourse de ton épaule gauche. J’te demanderais de redevenir ma soupe lipton.


J’ai des morceaux d’oreo pognés dans les dents


Ce matin j’me suis réveillée hang over de mon pot de crème glacée coaticook.


J’ai mis mon pyjama le plus laite du monde, celui que j’avais caché pour pas jamais que tu le vois, pis j’ai mangé une boîte d’oreo au complet pis j’en suis très fière. Je l’ai mangé pour remplir le trou que j’avais au cœur. Un trou gros comme un beigne à costade. J’avais la poitrine sans sucre quand t’es parti avec ton sac à dos de colère.


Je t’ai cueilli comme une fleur sauvage in between les craques de chemin de fer.


T’étais là, avec ton sourire en nuage. Je t’ai apostrophé comme un ‘’l’’ apostrophe pis j’ai su que je voudrais terminer toutes tes phrases. J’allais essayer d’être un beau point en caractère gras parce qu’habituellement, j’suis plus une virgule qui sait fuck pas ou se mettre.


Tu disais que je te servais de chauffage la nuit.


Ben cette nuit, j’étais une chaufferette qui servait à rien. J’étais emmitouflé dans les couvertures qui sentait un peu toi pis j’avais froid de ton amour. J’étais en hypothermie comme une coors light dans un cooler, pendant une épluchette de blé d’Inde.  J’me suis endormie dans mon arche de Noé, avec nos trois chats en quête de réconfort eux avec.


J’ai dormi dans le salon avec ton coton watté gris pis ma lampe de poche au cas ou je réussirais à te r’trouver dans mon sommeil. Mon cœur était en camping. J’ai collé mes yeux à la fenêtre pis j’surveillais ton arrivée. J’espérais, couchée su’l divan de notre 1 et demi, avec les trois chats qui attendaient stand by.


Je te porterais dans mon cou, toi pis ton sourire de laine parce qui vente en osti dans mon chest.


Je serais full fort la p’tite criss de lampe de poche à une piasse, en pleurant un peu dessus. La lumière réchauffait mes larmes avant qu’elles s’écrasent au sol.


Y pleuvait chez nous pis y faisait laitte en criss dans mes yeux.


C’était une pluie acide, qui réussissait pas à éteindre le feu de forêt que j’avais à la poitrine. Une coupe à blanc toute le long de la cage thoracique. T’étais si bon en jardinage pourtant. Re-plante-moi le jardin botanique stp. J’veux redevenir ton Biodôme. J’veux que tu y refasses pousser des ‘’s’il te plait’’ pis des ‘’je t’aime plus que les dinosaures.’’


T’es parti avec tous les après-midi pis le soleil pour faire pousser les plantes. Tu m’as juste laissé l’eau du robinet que t’as accroché à mes paupières.


Deux champlures mises sur repeat.


J’suis Valcartier mais sans l’fun qui va avec. J’suis genre des glissades d’eau mais pendant une journée de pluie, j’suis plate pis j’ai frette.


Je t’aime.


J’aimerais mieux être une journée de pique-nique sur toi pis tes shorts à carreaux.









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