Poésie – Jonathan Lemire

Matthew Fisher, The End, acrylique sur lin, 2012.
Matthew Fisher, The End, acrylique sur lin, 2012.





j’ai emprunté mon nom à la lumière
pour voir plus loin que mon âge

en vain.

je suis aveuglé par la peur du
pas devant l’autre

autour de moi
les enfants de minuit
cachent les oracles sous leur langue

***



Quand je dis demain, c’est un ciel d’ecchymoses que je dessine sur mon visage. C’est ma parole qui se défenestre de plus haut que moi. Exsangue.

Ne prenez plus pour acquis que je sais vivre.

J’apprends chaque jour mon nom comme une peine.

***



je mets le feu à des maisons étrangères

pour rapprocher le ciel
de ce qui m’échappe

indicible existence

blanche disparition des corps
dans le ventre des heures
toujours mes mains

comme des chiens fous arpentent la nuit

***



Je dis os, astre. Poussière et pubis. Déjoue à ma façon le calme ravage des heures, quand la nuit aiguise ses couteaux sur mes yeux. Tu entends l’espoir des deuils faciles. Un secret à trahir quand je dis mon nom. Le tien.

Derrière chaque mot, je fais l’amour à des murs dans mon scaphandre d’ombres chinoises

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