LE FUTUR — Isadora Groove





Le ciel de cendres vomit son crachin à la figure des habitants du dessus. Suie, poussière et particules en suspension fouettent leur visage. L’astre noir engloutit tout. Le nez obstrué laisse place à la bouche grande ouverte et haletante, porte royale vers l’oxygène. Du larynx jusqu’aux poumons, tout est rongé. On devine un crépuscule tombé sur le monde depuis des millénaires, modifiant les corps. Les globes oculaires vides, recouverts par de la peau pour ne plus jamais voir que des ombres. Les langues crasseuses lèchent le sol à la recherche de protéine.

On ne boit plus, on éponge. On ne mange plus, on absorbe. On ne baise plus, on féconde. Les vagins défoncés sont grands ouverts et dégagent une odeur âcre pour attirer les mâles aux verges turgescentes et humides comme des plantes carnivores. La baise est succincte. Un empalement vif et douloureux, et des flots de semence, en espérant que l’un des trois utérus s’ouvrira pour accueillir la descendance. À la fin de la gestation, les têtards aveugles tombent mollement au sol et se trainent dans un coin en attendant de grandir et de forniquer à leur tour.

Et quand on meurt, on crève là, sur place. Le corps s’affaisse et puis c’est tout.



Une réflexion sur “LE FUTUR — Isadora Groove

  1. L’humain semble encore une référence dans cette description d’une après humanité bien noire. Des images fortes, qui font froid dans le dos.

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