Des nouvelles de MMEH : QUAND LES GUÊPES SE TAISENT [STÉPHANIE PELLETIER]

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Vous retrouvez l’article original ici, sur mamereetaithipster.com

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Jeune auteure originaire du Bas Saint-Laurent, où elle vit de nouveau depuis 2006, Stéphanie Pelletier a publié quelques nouvelles dans les revues Moebius, Caractère et dans la revue littéraire de l’Université du Québec à Rimouski. Stéphanie Pelletier a récemment joint les rangs du théâtre l’Exil à titre d’agente de développement. Elle a été médaillée d’argent au Grand Slam de Montréal 2011.

Elle évoque son expérience de l’écriture dans le récit Trois sous et une étincelle, dernière nouvelle de son premier recueil à elle, publié ces jours-ci chez Leméac. La narratrice, en parlant de son ami trop tôt décédé, se remémore lorsqu’ils s’étaient rendus ensemble au lancement de la revue littéraire à laquelle ils avaient collaboré.

Malgré son jeune âge, Stéphanie Pelletier nous offre avec Quand les guêpes se taisent quatorze nouvelles d’une qualité littéraire et d’une sensibilité presque sans failles. L’émotion, au rendez-vous dans chacun des textes, nous prend parfois aux tripes (Fruit Loops), et nous arrache des larmes (Wendie, Trois sous et une étincelle).

D’autre part, l’auteure manie le suspense avec grâce, et ses histoires nous laissent parfois craindre les pires dénouements (Tu t’es appuyé contre un arbre, Fruit Loops, Les bergers belges).

Cette tension se déploie parfois en l’espace de trois ou quatre pages, puisque les nouvelles de ce recueil sont plutôt courtes et nécessitent donc une grande force stylistique de la part de l’auteure.

Stéphanie Pelletier nous offre un hymne à la nature dans ses histoires, celle-ci intervenant souvent comme réponse au malheur et à la tristesse (La manic, Les années), et ce bourdonnement des guêpes qui cesse (Les années, p.97) devient alors synonyme de silence, de recueillement, de retour à soi.

Car les personnages de Stéphanie Pelletier, très attachants, sont tous un peu à la recherche d’eux-mêmes. Ils se perdent parfois dans les autres, dans les substances illicites (Please don’t pass her by), mais le temps d’une chanson, d’une brise, d’une lumière, ils reviennent à eux.

There is a crack, a crack in everything and that’s how the light gets in…

Quel bonheur de retrouver dans la nouvelle Please don’t pass her by ce vers de Leonard Cohen tiré de sa chanson Anthem (1992). Il pourrait à lui seul résumer la démarche et la vision de l’auteure de Quand les guêpes se taisent. Il y a une fissure, une fissure en toute chose, et c’est de cette façon que la lumière peut entrer…

Chaque nouvelle de Stéphanie Pelletier laisse entrer une belle lumière, un soupçon d’espoir, dans des situations parfois vaguement précaires, des amours naissantes, des ruptures consommées, des désillusions annoncées.

Un premier recueil de nouvelles enthousiasmant, donnant le sentiment d’avoir découvert une nouvelle plume tout à fait prometteuse et très touchante.

Humeur musicale : Dominique A, Par les lueurs (Vers les lueurs, Cinq 7, 2012)

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Laetitia Le Clech

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