B – Sarah-Maude Beauchesne

Circuit-Board-Texture-2-sm
Poème sale a demandé à 52 auteurs d’écrire sous l’influence du bavardage. Lisez leurs textes du 1er au 28 février 2013. Retrouvez les textes publiés antérieurement dans notre Table des matières




BOUCHE





Dans ta bouche c’était toujours comme dans une émission de télé un talk-show sexuel.


Ta bouche c’était un comptoir en U y’avait des célébrités qui s’assoyaient
sur tes dents tu leur posais des questions j’enregistrais l’émission.


Tes lèvres c’était une salle d’attente avec une belle réceptionniste.


Toute passait par elle toute même nos chicanes même le sex phone même les recettes de ta mère aux micro-ondes.


Et aussi tu invitais des filles à placoter.


Maintenant tu me fais un lit dedans avec des draps santé et un verre d’eau à côté.


On écoute des classiques t’en as plein dans ton disque super dur.


Quand y fait chaud tu remplis des bouteilles de bière avec du Oasis pis tu les congèles pour plus tard.


Quand y fait frette-fuck tu m’enroules dans la seule couverte que t’as comme un rouleau impérial.


Quand on sent même pas la température qu’y fait c’est bon signe aussi on s’criss tout nu.


(Les questions qu’on se pose ont rien à voir avec la météo de la bitch à Viau.)


Et tu me communiques ton hospitalité.
Ta perspicacité.
Ta susceptibilité.
Et ton doigté.


Mieux que n’importe quel chasseur de mots mieux que n’importe quelle tranche de bacon imprimée sur un t-shirt mieux que n’importe quelle typographie qui ressemble à une œuvre d’art.


Tu écris mon prénom sur tes murs de salle de bain avec un cacanne de peinture gold comme les dents en or que t’attends par la poste.


Je prends le pouls de nous avec tes écrits qui coûtent cher et aussi avec les craquements de ta base de lit qui va lâcher en même temps que nous.


Et avant de mourir je sais ce que tu vas me dire tu vas me raconter la fois que t’as fait du break dance dans un party de quartier tu vas dire « je te jure j’ai fait un freeze sur le ventre d’une fille en jupe de jeans je touchais presqu’à son vagin, c’est pas tromper c’est comme danser. »


Tu vas mourir en paix ta salle d’attente brochée avec de la broche qui pardonne.






Son recueil sur Publie.net




Son blogue « Les Fourchettes »





Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s