F – Jean-Philippe Tremblay

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Poème sale a demandé à 52 auteurs d’écrire sous l’influence du bavardage. Lisez leurs textes du 1er au 28 février 2013. Retrouvez les textes publiés antérieurement dans notre Table des matières




FOURRÉS


on sait plus trop comment s’aimer ou juste jouer à faire semblant que c’est facile et qu’on a pas peur c’est dommage comme le cancer c’est l’usure de l’époque qui ronge nos âmes pourtant encore dans l’emballage on était dépassés au premier geste et ça ne se répare pas avec plus de bruit ou d’exploits de cocaïne donc avec au fond de la gorge le rêve où on devrait vivre pour taire nos têtes un peu on se fait tout avec style sans se toucher vraiment c’est propre contenu jetable et nécessaire comme une chorégraphie pare-balle des degrés de détachement un porno en streaming le gaspillage ordinaire de la beauté il n’y a rien à gagner à égrainer son diagnostic dans son coin on a vu le film on connaît le punch et il y a tant de saveurs de reprises où surfer l’air de rien où sommes nous et que sommes nous devenus nous ne sommes même plus des chiens tant nos instincts nous sont reniés il faudrait violer un char et partir loin des chicanes d’enfants péter la gueule de l’univers juste pour le fun parce qu’on est beaux jeunes brights et qu’on a tellement plus d’imagination que lui le crisse que ses manières que sa police il faudrait bien il se fait tard être des rock stars pour quelqu’un quelque part j’en dessinerai les contours lentement avec mes paumes sur chaque pouce carré du sel de ta peau parce que j’ai pas appris à parler moi non plus et que ça se rentre pas dans un texto en attendant laisse moi dormir dans tes cheveux sentir nos souffles débattre la nuit je veux pas être seul ce soir plus jamais seul ça m’écoeure fait du bruit et des couleurs et je vais jouer au jeu que tu veux j’ai peur encore trop souvent d’être un figurant dans un film sur fast foward un fantôme sympatique instagrammé comme délavé en beauté comme avalé par son reflet comme tout le monde






Jean-Philippe Tremblay a l’âge du Christ et encore toutes ses lubies d’adolescence grunge intactes malgré leur évidente inadéquation avec le monde. Il hante les nuits comme barman dj journaliste ou musicien pour le kick et s’enferme chez lui pour écrire quand c’en est trop. Il a publié Carnaval divers en 2012 aux éditions de l’Écrou et pas mal d’autres affaires dans toutes sortes de revues qui traînent jamais chez le dentiste.

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