Poésie – Geneviève Grenier

Nicholas Byrne, Hosier, Huile sur lin, 2010, 140 x 70 cm
Nicholas Byrne, Hosier, Huile sur lin, 2010, 140 x 70 cm





Tu te spectacles, tu me terrifies
Y’a des petits bouttes de nous qui s’disent bonjour
Dans le petit matin, dans l’bord de bouche Napkin
Quand le caissier s’évapore à proposer le chausson
Une file d’atteinte, j’me meurs à m’assoir ak mon ti cabaret

Mais là nous
C’est blanc pi ça passe
On arrive pas à s’sentir
On anarcho décrisse

Y’a une orgie d’odeurs dans ton fun plastique
À se voir les reculs, toutes les fumées de dessous de fan
Asti que tu vivais, quand t’ampoulais le fait que la lumière était au fond de la pinte

Quand tu voyais les gros monstres de métals en arrivant a Mourial
Tu dansais, parce que les choses se passent proches de d’là tsé
Quand on s’tirait dans la faune moite, bars a foires, vente de bières dépressions
Tu t’bavais, Tu t’coulais, t’éjaculais, A bin trop exister d’même
Je tapais les crises d’horizon, j’overdosais d’asphalte, j’manquais de matins

Et tu continues à boire comme si mon rien était
On s’essuie et ce me semble tsé
Baise déjeuner, tournée pas pétée. T’avais bien rissolé les heures.
Ben là now, dans l’ici, t’as peine à m’prendre. Par ma hanche.
Tu m’mailloches. Pas capable de pardon, tu danses

Mais t’en rappelles-tu? T’en rappelles-tu?
T’rappelles-tu d’la couleur du drap contour?

Ta voix était une muqueuse, le corps ben moite
T’assonais novembre
Tu faisais de moi un bordel la nuit et une balade le matin
Ca t’faisait souvenir toutes les vagues salées , les fucus qui s’écrapouttent
Les roches qui font mal à la corne du dessous d’ton pied
Le sable dans craque, quand j’portais des shorts par-dessus mon maillot pour aller au Dep
Pogner un drumstick aux fraises pi enlever les peanuts

T’en rappelle tu du drap contour?
Des grills cheese à deux tranches, des mouches à fruits en juillet
Du goût du lait au chocolat sur ma bouche? T’rappelles-tu des cris dans ma tête?
D’tes cuisses suantes qui collent sur le matelas? D’la façon que j’mangeais moins quand t’étais la
Que j’bougeais gênée, que j’répétais jamais c’que tavais pas entendu. T’rappelles tu d’la couleur?
Quand on s’coquillait, centre humide qui postillonne, nos peurs dans un bain

Le plancher du chalet qui couine, la facon que j’savais qu’tu descendais les marches
Dans l’14 pied, mur de rêve au dessus d’la lune coin Sanguinet
Quand j’savais que t’allais l’as baiser, elle.
J’ai de gros avants, de petits après
Now j’ai ton humeur pognée din cheveux
Ton odeur m’revient des fois au coin Ontario et Panet.
J’veux même pu savoir si jamais, si comment… si j’avais sans manger les raies.
T’rappelles-tu de toute c’qui? T’rappelles-tu de toute c’qui fallait?

Fallait-tu à c’point là conjuger le verbe « ex ».
Pour tout oublier, pour tout saler, pour tout polir

Y s’lève encore les mêmes couleurs le matin…
C’est toujours l’même saumon, l’même clair.
Ça sent le silice, ça sent l’ortie, ça sent l’mordor
Deux gaufres décongelées carton
Sur le bord du lit, chacun de notre bord
Le temps est une virgule avec trop d’espace entre les maux


Geneviève Grenier




Texte lu à l’usine C avec le théâtre à deux \
Dans le recueil « Découper l’amour avec de gros ciseaux »




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