Poésie – Véronique Grenier

Winston Chmielinski, MY BEDROOM, THE THINGS INSIDE, THE STAIRS LEADING UP, AND THE HOUSE IT'S IN 48 x 48 inches oil on canvas
Winston Chmielinski, MY BEDROOM, THE THINGS INSIDE, THE STAIRS LEADING UP, AND THE HOUSE IT’S IN, huile sur toile, 2013.





Le coeur


C’est toujours comme ça, sweety, le cœur claque. On croit qu’il bat, mais non, il se varlope d’un bord pis de l’autre. Jusqu’à ce qu’il éclate. À bout de toute. Du sang plein la cage thoracique, ça coule, ça éclabousse. Parce qu’il pulse, encore. Le cave.

C’pas chic. Té là avec tes Wet Ones pis des rouleaux de papier absorbant, tu torches, tu étales. Le dedans de corps, ça se ramasse mal. Il y a trop d’affaires, tout est tight. Tu te dis fuck it. Les mains rouges prennent une aiguille pis du fil. Ça glisse, le chas veut rien savoir de se faire traverser. Té patiente. Étonnamment. Dans le fond de toé, c’cocon, y fait chaud, tes yeux mi-closent. Tu souris même pas quand tu y arrives. Tu fais un petit tas de l’organe moteur pis tu t’appliques à recoudre. La chair se perce bien, tu fais des X pas égaux. Tu as mal évalué ton affaire. Y te faudrait des patches. Tu traînes tout le temps des bouts de papier, des emballages de bonbons, des bas de p’tits, dans tes poches. Ils n’iront pas à la poubelle, cette fois. Ça fait cute. Courtepointe de textures mixtes.

Si les astres sont bien alignés, peut-être qu’il y aura juste une cicatrice de surface. Éventuellement. Le fil aura cédé, le tissu et le papier se seront soudés au muscle battant. Sauf que c’est rare, des astres bien alignés. Et qui changent de quoi au cours des choses. La cicatrice, parce qu’en plein centre et dans tous les sens te rappellera, non–stop, que ton cœur, il a fendu et qu’on t’a fourrée, maintes fois, dans ta blessure. Pis tu n’as pas détesté, ça. Tu en as même redemandé. « Encore » de scarifié sur la langue, le palais, les lèvres. Encore. Mot soundtrack de ta vie. Tu hoches souvent la tête, dans ton vide bin’que trop plein de lui.


Ton vide de lui.






Véronique Grenier aime le kitsch, les citations et les années 80. Lorsqu’elle n’enseigne pas la philosophie au collégial, elle essaie de faire quelque chose de sa progéniture. Elle entame une collaboration hebdomadaire au blogue d’Urbania et a déjà collaboré aux revues Art le Sabord, Les Écrits, XYZ. La revue de la nouvelle, Jet d’encre et Exit.





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