Poésie – Camille Cléant

Christopher Eymann, « Landschaft ohne Logo », huile sur toile, 70 x 60, 2009.





Les dédales de diamants
Les renaissances en berceuse
Les arcs boutants dans mes gorges
Ne me servent qu’à me souvenir

Parties étanches de mon corps
Mes yeux sont faits de vitraux
Je vois la vie en petits morceaux de couleur

Le super marché est une fresque où se côtoient
Imbéciles aux paniers
Et caissières blasées dans un semblant de cathédrale gothique

Au rythme de ces mots chamboulés
Je suis un amas de tas de choses
Je suis un amas de rien

Je suis un ramassis de rien dans un corps angulaire
Mes mouvements sans fluidité entre les denses racoins
Mes mots sans porte de sortie
Vers les chemins de fer

Je suis un ramassis de rien dans un corps angulaire

Les espaces sidérés du manque
Échappe mon sens
Jour après jour

Je me recolle avec du masking tape
J’élargis les canaux
Adoucis les angles meurtriers
Je me coussine pour éviter de me couper
Avec les sons sortant de mon temple néant

Une fois par semaine
Je fais le décompte des pièces de ma machinerie
Aux dernières nouvelles, je suis constituée de
363 vides à combler
56 échos de ton nom que je crie
76 idées perdues lorsque le sommeil me prend
43 vidéos en boucle de ce moment embarrassant
630 dates de fête
38 petits bateaux égarés
23 colibris aux ailes abimées
52 maux de ventres
17 petits bonbons qui ne rebondissent pas quand je les échappe par terre.

Une fois le décompte fait, j’essaie de respirer
L’air dans un corps angulaire est une denrée rare
Chanceux sont les espaces qui bénéficient de l’oxygène nécessaire
Parfois elle se divise en plus petit qu’un atome
Elle se divise en minuscules écrins de chevaux
Puis elle se pointille le long de mes cotes.

La respiration est facultative dans une vie au quotidien
C’est une luxure qu’on ne s’offre pas tous les matins

Les dédales de diamants
Les renaissances en berceuse
Les arcs boutants dans mes gorges
Ne me servent qu’à me souvenir

Parties étanches de mon corps
Mes yeux sont faits de vitraux
Je vois la vie en petits morceaux de couleur

Le super marché est une fresque où se côtoient
Imbéciles aux paniers
Et caissières blasées dans un semblant de cathédrale gothique

Alors
Lorsque mes yeux s’embuent
L’humidité de mon cœur en est responsable

Alors
J’échappe les échos de ton nom que je crie
Je crache sur mes vides à combler
Je mets les vidéos en boucle sur pause
Je cherche les bateaux, câline les colibris
Je caresse mon ventre, souligne ton anniversaire
Et je lance ces bonbons au visage d’autrui

En semaine
Je traverse les rames de métro avec les yeux embués.

Que puis-je y faire?
Je suis un ramassis de rien dans un corps angulaire





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