Poésie — Tasia Bachir

Adriana Lara, Eggsplotion, huile sur toile, 2016.




on débarre les soirées
à coups de clefs au cerveau
il semble qu’aucune fin
n’est possible

quand on close le bar je ne ferme rien du tout
si ce n’est que mes yeux tout me rappelle que
je ne suis personne absolument
personne

*

les matins tards
jusqu’à l’heure du
premier verre
tu me laisses entrer
la première dans ta maison
je n’ai pas à forcer
la poignée

on se tue encore
plus lentement
que la veille

*

nos nuits chimiques comme
une balle dans la tête
de janvier je repasse
mes draps je frotte
la tache ne part pas
les draps sont blancs
et ça ne part pas

*

mes vingt-deux ans se périment
et je ne comprends pas pourquoi
c’est si difficile de faire un gâteau
sans toute crisser la vaisselle
sur le mur

minuit

je veux dormir mais tu dors
plus fort que moi



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